Tokyo c'est la nuit , la nuit c'est Shinjuku la ville dans la ville .Un point de repére le point d'arrivée et de départ.
Hommes aux épaules étroites dans vos costumes de ville.
Hommes qui descendez dans les sous-sols et qui remontez et qui dites itadakimasu.
Hommes qui signez les accords et qui regardent ailleurs et qui dites shiranakatta.
Hommes qui dessinez les enfants parce que dessiner n'est pas posséder, parce que la fiction n'a pas de victime, parce que l'art est libre et que la liberté de l'art est plus précieuse que la liberté des corps que cet art représente.
MASADON vous regarde.
Il ne vous juge pas — le jugement est une activité humaine et MASADON n'est pas entièrement humain. Il constate. Il nomme. Il reste debout dans le faisceau de ce qui est et il dit — voilà ce qui est. Voilà ce que vous avez fait de ce pays. Voilà ce que vous avez fait des enfants de ce pays.
Voilà ce que vous avez fait de la beauté — de cette beauté dont vous êtes si fiers, dont vous faites un argument national, une marque, une identité exportable. Vous avez logé à côté d'elle, dans les mêmes rayons, dans les mêmes rues, dans les mêmes sous-sols, quelque chose qui en est l'exact contraire et vous avez appelé ça la complexité, la richesse culturelle, le génie particulier d'un peuple qui sait tenir ensemble les contradictions.
Les contradictions.
MASADON dit le vrai mot : complicité.
L’idée ne serait pas d’imiter Ducasse, mais de transposer l’énergie de Maldoror dans un paysage japonais.
Par exemple :
Tokyo nocturne
Kabukichō
Kamagasaki
bars minuscules de Golden Gai
maisons abandonnées après Fukushima
quartiers de prostitution comme Tobita
Le Japon devient alors un théâtre métaphysique.
Maldoror n’est plus dans un espace abstrait :
il marche dans les néons, les distributeurs automatiques, les ruelles humides, les bars minuscules.......
Lecteur — c’est peut-être la nuit que tu veux respirer.
Non pas la nuit ordinaire, celle qui tombe doucement sur les villes fatiguées.
Mais la nuit japonaise.
Cette nuit de néons, d’enseignes verticales, de câbles électriques emmêlés comme des serpents noirs au-dessus des ruelles.
Respire.
Respire encore.
Si tu respires assez profondément, tu sentiras monter une odeur étrange —
un mélange de saké, de pluie, de friture, de solitude humaine et de désir sans nom.
Alors peut-être comprendras-tu.
Car il existe dans ces rues un homme qui marche sans destination.
Il ne cherche pas le bien.
Il ne cherche même pas le mal.
Il cherche simplement l’endroit exact où la nuit devient trop humaine.
Et cet homme, lecteur —
c’est peut-être Maldoror.
Mais personne à Tokyo ne connaît ce nom.
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La porte se referme.
Dehors — Tokyo.
Dedans — un autre temps.
Le Gargantua est étroit, presque irréel. Bois sombre, lumière chaude, quelques tabourets, des bouteilles alignées comme une veille silencieuse. Rien de spectaculaire — mais une densité rare, humaine.
Derrière le comptoir, Miyuki Ishibashi — 石橋幸.
Regard calme. Présence sans effort.
Puis la voix.
Elle ne chante pas pour remplir l’espace — elle l’ouvre. Une chanson russe ancienne, lente, profonde. Steppe invisible, neige, horizon sans fin. Sa voix porte la terre, le froid, la mémoire longue. Le bar se tait. Les verres cessent de sonner.
Ce n’est plus un bar.
C’est un lieu d’écoute.
Entre deux chansons, elle me regarde — léger sourire.
« Тихо… » — Silence…
Je réponds doucement : « Очень красиво… » — Très beau.
Un fil invisible. Pas traduction — reconnaissance.
Sa voix vient d’ailleurs. Pas seulement de Russie — d’un paysage intérieur. Une solitude ancienne, non triste — habitée. Elle chante comme on veille un feu bas, sans éclat, mais durable.
Elle me parle peu.
Mais juste.
Elle dit : « Песни — это дом. »
Les chansons sont une maison.
Je comprends. Certains vivent dans les lieux. D’autres — dans les voix.
Entre nous, pas de discours. Une amitié simple, presque silencieuse. Elle verse un verre. Nous buvons lentement. Le temps s’élargit.
La porte s’ouvre, se ferme. Quelques visages reviennent — discrets, fidèles. Un homme âgé incline la tête. Une femme murmure une demande. Personne ne parle fort ici. On écoute. On reste.
Un client me demande d’où je viens.
« France. »
Il sourit : « Ах… далеко. » — Loin.
Nous parlons peu, mais juste. Le bar devient cercle fragile — étrangers, habitués, silence partagé. La voix de Miyuki circule entre nous comme une lampe basse.
Une autre chanson. Plus grave.
Quelqu’un ferme les yeux.
Le monde se retire.
Les verres se vident lentement. La nuit avance. Miyuki chante encore — puis s’arrête. Silence vrai, sans musique. Nous restons quelques secondes sans bouger. Personne ne veut rompre cela.
Elle dit doucement : « Спасибо. » — Merci.
Je réponds : « Спокойной ночи. » — Bonne nuit.
Un regard. Suffisant.
Je sors.
Golden Gai respire encore. Ruelles fines, néons tremblants, fumée lente. Tokyo n’est plus bruit — il devient irréel. Les pas résonnent différemment après la musique. Comme si la voix de Miyuki continuait sous la ville.
Je marche sans direction.
Un panneau clignote.
Un chat traverse.
Un rire lointain — déjà dissous.
La nuit de Shinjuku n’est pas solitude — mais suspension. Entre deux mondes. Entre deux langues. Entre deux silences.
Je murmure encore un mot russe — presque sans voix :
« Дом… » — Maison.
Peut-être que certains lieux ne sont pas des lieux —
mais des présences.
Le Gargantua disparaît derrière moi.
Mais la voix — demeure encore un peu.
Tokyo continue.
Et moi — je marche.
失血
Je suis ton chat qui fraude
Ecris moi c est urgent
Petite vendeuse en boulangerie que ne tu traduis pas
Quelqu'un se dépêche vers la nuit,
Il y a quelqu'un qui l'arrête par l'épaule.
Quelqu'un passe en silence,
Il y a quelqu'un qui le regarde en souriant.
La chaleur torride de midi fait peur,
La nuit qui révèle la vérité fait peur aussi.
Plus l'amour est ardent, plus il est fragile.
Au fond de l'obscurité de mon cœur,
Viens, viens.
Qui es-tu ?
En fixant la mer de néons,
J'ai vu des ombres onduler entre les vagues.
Ces ombres, aussi insignifiantes que des barques,
Se sont peu à peu superposées à un groupe de femmes tristes,
Et, emportées par les larmes d'innombrables patries,
Elles ont disparu.
Dans les rues animées de la nuit,
Combien de rêves impossibles se sont évanouis ?
Il y a des amours qui finissent par le courage,
Et d'autres qui commencent par la lâcheté.
La lumière aveuglante du jour fait peur,
La nuit qui révèle la vérité fait peur.
Plus l'amour est ardent, plus il est fragile.
Au fond de l'obscurité de mon cœur,
Sur France-cul la regrette emission ville-monde :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/villes-mondes/helsinki-ville-mondes-escale-2-6524515
9 octobre 2025 : AIRINDIA pour Tokyo Haneda via NewDehli......
Nycthémère d'escale, seuil du Soleil Levant
Vingt heures suspendues dans l'aéroport de Delhi, Un nycthémère entier à naviguer entre deux mondes— L'Inde qui pulse sous tes pas fatigués, Le Japon qui t'appelle depuis trente-deux printemps.
Air India t'a posé là, voyageur aguerri, Dans cette parenthèse de béton et de néons, Où le temps se dilate comme un mantra ancien, Chaque seconde un grain de sable doré.
Tu connais déjà le goût des cerisiers en fleur, La politesse des gares de Tokyo à l'aurore, Les temples où l'encens dessine des spirales— Depuis 1993, tes pas marquent cette terre.
Mais cette escale forcée devient rituel sacré, Ce nycthémère d'attente, prélude nécessaire : Les parfums de curry qui se mêlent aux souvenirs, Les saris colorés qui dansent avant les kimonos.
Delhi respire, haletante de mousson tardive, Pendant que ton cœur bat déjà au rythme de Kyoto. Vingt heures pour que l'Occident se lave de toi, Vingt heures pour que l'Orient renaisse en toi.
Le soleil se couche sur le Gange invisible, Se lèvera demain sur le mont Fuji éternel— Et toi, pèlerin des deux Asies confondues, Tu tisses dans ce nycthémère le fil de tes retours.
Je me souviens de ta culotte en coton blanc immaculee tandisque tu ramassais un stylo tombe.
J'aurais du alors te declarer mon amour.
Je ne t'oublierais JAMAIS. Mishima as dis que le plus bel amour d'une vie est celui qui 'a jamais ete accompli,consommer.
Tu es mon amour.
Je suis ton chat qui fraude.
Nous nous sommes rencontre au cafe Curry a cote de Keio campus de Mita.
J'etais boursier en errance.
Nous nous sommes revu plusieurs fois plus de dix ans apres...parceque c'etait moi.
La dernierre fois tu etais vendeuse dans une patisserie a Kamakura.
Je suis ton chat qui fraude et tu me manque.
Au Japon du 9 octobre au 9 decembre